Tanger

Tanger, entre méditerranée et atlantique

Tanger, mythique et cosmopolite, sa vieille médina et ses hôtels ont vu défiler les plus grands. Stars en tout genre, musiciens, artistes, photographes tombés sous le charme de ses lumières, écrivains, poètes, ont participé à la légende de cette ville unique dans laquelle, au gré des rencontres, on y parle couramment aussi bien l’arabe marocain, le berbère rifain que l’espagnol ou le français.

Muse de Paul Bowles et de la Beat Generation, Burroughs, Ginsberg, Kerouac pour ne citer qu’eux, ont donné une réputation parfois sulfureuse à cette ville qui nous offre la possibilité de se baigner dans l’Atlantique et la Méditerranée le même jour.

La construction du Port de Tanger Med, le plus grand port d’Afrique, a quelque peu changé la configuration d’une partie centrale de la ville, particulièrement au pied de la médina, en bordure du vieux port et de la promenade maritime. Deuxième pôle économique et industriel, les environs de la troisième ville marocaine en nombre d’habitants ne sont plus qu’un vaste chantier spéculatif.

À l’est du port la plage municipale et la plage Malabata proposent des baignades tout au long de la grande Avenue Mohammed VI.

Chaque année, Tanger accueille de grands festivals internationaux : le Salon international du Livre de Tanger en avril ou en mai, le festival de jazz Tanjazz qui s’y déroule en septembre ou encore les Nuits de la Méditerranée, festival consacré aux musiques du monde ayant lieu en juillet.

Petit et Grand Socco : La médina de Tanger

Des remparts percés de treize portes, pour la plupart d’origine portugaise, protègent la médina. C’est par le Grand Socco que l’on entre dans ce dédale de ruelles étroites bordées de maisons blanches dont les terrasses de certaines donnent une vue sensationnelle sur la baie de Tanger.

Centre névralgique de la ville, cette vaste place est aussi appelée Place du 9 avril 1947 pour le discours sur l’indépendance que le Sultan Mohammed Ben Youssef y prononça ce jour-là. Juste derrière on peut apercevoir le minaret aux belles faïences multicolores de la mosquée Sidi Bou Abib.

Les jeudis et dimanches s’y déroule un grand marché fréquenté par de nombreuses Rifaines qui vêtues de la traditionnelle fouta rayée et coiffées de chapeaux de paille aux pompons de laine vendent leurs produits.

Dans ces ruelles montant et descendant sans cesse on trouve de nombreuses échoppes artisanales, des bijouteries, des herboristeries, des kissariyas tout en buttant sur ces vielles murailles d’où on aperçoit parfois l’océan ou la mer.

Partant du Grand Socco, la rue Es-Siaghin, la rue des bijoutiers a tôt fait de conduire vos pas au Petit Socco, place colorée et toujours animée. Carrefour central des ruelles autour desquelles la ville s’est formée et étendue, on y trouve de nombreux cafés et hébergements bon marché. Tout proche, Rue de la Marine, résonne le minaret de la Grande Mosquée de Tanger bâtie par Moulay Ismaïl à la fin du XVIIe siècle.

La kasbah

C’est l’ancienne forteresse construite par les Portugais au XVe siècle. Reconvertie en musée archéologique, le Sultan alaouite Moulay Ismaïl y fit construire au XVIIe le palais Dar el Makhzen dès le départ des Britanniques de la ville. Surplombant la médina, on y arrive par les ruelles abruptes qui partent du Petit Socco jusqu’à la Place de la Kasbah.

Les borjs

Ce sont d’anciens bastions dont les canons qui munissent certains ont toujours été vers la mer, source de la plupart des invasions qu’a subies la ville. En y accédant depuis la rue Dar el Baroud, sur le Bd Mohammed VI, on découvre une vue magnifique tant sur la ville que sur la baie.

Le port de Tanger ville

Le port historique de Tanger ne reçoit plus que quelques ferries en provenance de Tarifa en Espagne. Un port de plaisance et une marina de 1600 anneaux, des centres commerciaux, des restaurants, un téléphérique reliant la kasbah au port sont en train d’y voir le jour.

Le vieux port de pêche avec son animation colorée et sa flotte de chalutiers et le cri de ses mouettes est maintenant situé dans un bassin un peu plus à l’ouest, réaménagé et agrandi pour mieux garnir les tables tangéroises et les petites gargotes du front de mer de ses poissons et fruits de mer.

Les nombreux Ferrys assurant les liaisons avec principalement l’Espagne, partent désormais depuis le port de Tanger Med à près de 60 km du centre-ville. Liaisons bus et taxi.

Théâtre Cervantès

Théâtre mythique et emblématique de Tanger, le Gran Teatro, a été bâti et créé en 1911 par un couple d’immigrés espagnols puis acheté par l’état espagnol 1929. Rétrocédé au Maroc, qui en a la restauration à charge.

Le théâtre illustre bien le faste culturel du Tanger du début du XXe siècle. Doté de 1400 places, il fut le premier théâtre à voir le jour au Maroc, même si le but de sa création était avant tout d’espagnoliser davantage Tanger qui accueillait de plus en plus d’immigrés venant de la péninsule.

Œuvre de l’architecte hispano-tangérois Diego Jimenez, le théâtre, dans un état de délabrement progressif depuis les années soixante, a fermé ses portes en 1974.

Accès : situé rue Anoual, proche de l’Avenue Mohammed VI., et fermé, le théâtre ne se visite malheureusement pas.

Le Musée de la Kasbah. Dar el Makhzen

Appelé Dar el Makhzen ou Palais du Sultan, ce musée archéologique est logé dans la partie est de la Kasbah de Tanger.

D’après les légendes, le site aurait été occupé par les Carthaginois et les Romains qui y auraient édifié un temple dédié à Hercule.

Tour à tour, les lieux furent la résidence des gouverneurs portugais au XVe siècle puis anglais jusqu’à la fin du XVIIe. Comme en témoigne une inscription ciselée dans le revêtement mural en zellige de l‘édifice, le palais lui-même fut fondé par Ahmed Ben Ali une fois que l’occupant anglais en fut chassé en 1737.

Le bâtiment servant tour à tour de siège du Pacha, de palais de justice puis de trésorerie deviendra le symbole du pouvoir chérifien. Après avoir subi des modifications, construction de la grande porte des jardins, Riad es-Soultan, sous Moulay Hassan 1er à la fin du XIXe siècle, le palais de la kasbah sera converti en musée en 1922.

La visite de cet édifice-musée commence par la trésorerie, Bit el Mal, qui conserve un coffre-fort en fer doté d’un ingénieux système de fermeture qui demandait la présence de deux personnes pour l’ouvrir.

Une projection y propose un aperçu des principaux sites ayant fourni les objets exposés dans l’ancien palais. Ces vestiges du passé couvrent une période allant de la préhistoire au XXe siècle. On y trouve des bijoux en argent d‘origine phénicienne, d’autres en ivoire, des céramiques et des figurines en terre cuite, des amulettes, des verreries romaines. Certaines des céramiques peintes ainsi que des figurines proviennent du site de Kouass dont l’activité remonte au quatrième siècle avant l’ère chrétienne.

Accès : place de la Kasbah au nord-ouest de la médina.

Ouverture : tous les jours sauf le mardi de 9 h à 16 h. Fermé le vendredi durant l’heure de la prière (11 h 30 – 13 h 30). Entrée : 1€.

Cinémathèque de Tanger

Elle a été créée en 2007 à l’initiative du producteur français Cyriac Auriol, de la photographe tangéroise Yto Barrada et du réalisateur producteur marocain Latif Lahlou dans les locaux de l’ancien Cinéma Rif.

Sa vocation est d’offrir au public une programmation axée sur la diversité et la qualité d’œuvres cinématographiques hors des circuits des films commerciaux tout en promouvant le cinéma marocain. Deux salles de projection et une bibliothèque composent les lieux.

Accès : Cinéma Rif. Rue de la Liberté. Place du 9 avril 1947.

La Légation des États-Unis

Créée à Tanger en 1821, c’est la plus ancienne des légations permanentes américaines installées à l’étranger dans le monde. En 1956, la légation abritera jusqu’en 1962 le consulat américain ainsi qu’une école de formation à la langue arabe pour les diplomates américains.

Le bâtiment fut transformé en musée en 1977. L’intérieur présente une décoration et un mobilier européens début XIXe tranchant fortement avec la médina dans laquelle le musée est intégré.

C’est le Tanger européen du XIXe, tableaux orientalistes, une lettre de George Washington au Sultan du Maroc de 1789 pour lui adresser la reconnaissance de son pays y ont des places de choix. Pour l’anecdote, le Maroc fut le premier pays à reconnaître les jeunes États-Unis dès 1777.

On peut y avoir une belle exposition de miroirs provençaux dont certains avaient pour vocation de finir dans des harems du Maghreb.

La bibliothèque du musée, autrefois une maison close, ne se visite que le samedi de 15 h à 18 h et le dimanche de10h à 13 h.

Accès : 8, Rue d’Amérique, près du Grand Socco par la Rue du Portugal.

Ouverture : du lundi au vendredi de 10 h à 13 (12 h le vendredi) puis de 15 h à 17 h. de 10 h à 15 h durant le mois de Ramadan. Entrée gratuite.

Fondation Lorin

Cette salle propose une belle et complète collection de vieilles photos d’évènements, de vues générales, de personnalités ou d’édifices qui ont participé à l’évolution de Tanger.

Accès : 44, Rue Touahine.

Ouverture : tous les jours sauf le samedi de 11 h à 13 h puis de 15 h 30 à 19 h 30. Entrée gratuite.

Église St Andrews

Construite à la fin du XIXe siècle dans un style arabo-andalou, avec le drapeau anglais et sa Croix de Saint-Georges flottant sur son clocher, ce serait la seule Église anglicane installée au Maroc.

Accès : Rue d’Angleterre.

Ouverture : tous les jours de 9 h 30 à 12 h 30 puis de 14 h 30 à 18 h.

Cap Malabata

À 30 km à l’est de Tanger en direction de Ceuta, nous accédons au Cap Malabata par une route bordée de pinèdes et de petites criques souvent désertes. Ces beaux paysages sont parfois traversés par des bergers menant paître leurs troupeaux aux abords des falaises surplombant la Méditerranée.

Les grottes d’Hercule

Ces grottes naturelles seraient celles des Jardins des Hespérides ? le lieu où Hercule se reposa après avoir effectué sa 11e tâche : tuer le dragon pour s’emparer des pommes d’or.

Sortie très prisée des Marocains, l’endroit, sublime pour contempler le coucher de soleil, est encombré d’étalages à touristes. Les grottes abritaient quelques vestiges préhistoriques et le calcaire dur de leurs parois était utilisé pour la fabrication de meules.

Accès : les grottes se trouvent sur l’Atlantique, entre les plages Achakkar et Sidi Kacem. Sortir de Tanger par l’Avenue Moulay Rachid (direction aéroport Tanger-Ibn Battuta) puis prendre la Route des Grottes d’Hercule à droite après le stade Ibn Battuta. Les grottes se trouvent à gauche du parking.
Ouverture : tous les jours de 7h à 20h. Entrée : 0.50€.

Cap Spartel

C’est là que l’Atlantique rencontre la Méditerranée. Situé 14 km à l’ouest de Tanger les abords du phare livrent un panorama splendide sur les eaux turquoises et la longue plage Achakkar qui s’étire au sud.

La route qui traverse la réserve naturelle du cap pour y arriver offre de beaux paysages. Au pied du phare, les courants dangereux n’engagent pas à la baignade.

Accès : emprunter la route P-4601qui part de l’Avenue Banafsaj qui part à l’ouest du quartier Marshan.

Asilah

Espagnole jusqu’à l’indépendance du Maroc comme le rappellent agréablement les fenêtres en fer forgé des maisons blanches de sa médina, Asilah est devenue une florissante petite station balnéaire. Située sur l’Atlantique à 45 km au sud de Tanger, la ville est protégée par de beaux remparts érigés par les Portugais au XVe siècle.

La médina

Dans les ruelles de la médina, le castillan a été adopté en seconde langue. On y pénètre par Bab Homar, baptisée puerta de Terra par les Espagnols dont les touristes sont majoritaires.

La porte de la mer, Bab el Bahar, conduit aux remparts où la tour el Kamra, la tour d’Asilah, donne un bel exemple de l’architecture militaire portugaise du XVe siècle. Près de la tour un bastion offre un panorama sur l’océan et les bateaux de pêche au mouillage dans le port.

Accès : plusieurs liaisons quotidiennes en bus ou en train avec Larache (40 km) et Tanger (50 km) et bien sûr en grands taxis collectifs. La route nationale N1 et l’autoroute A1 relient ces trois villes.

Le Palais de Raissouni

C’est le palais que se fit construire un brigand qui avait conquis la ville au début du XXe siècle. Personnage mythique de la ville il doit sa célébrité à l’enlèvement du consul des États-Unis et d’un journaliste du Times qu’il libèrera contre une rançon de 14 000 £.

Il deviendra gouverneur de la ville une fois que les habitants d’Asilah lui demandent de les débarrasser du pacha local. Il sera chassé par les Espagnols après la Seconde Guerre mondiale.

Le palais accueille chaque année au mois d’août un festival de musique et dispose d’un centre culturel.

Accès : près des remparts au centre nord de la médina.

Le cromlech de M’zoura

A une quinzaine de km au sud-est d’Asilah, le cromlech de M’zoura présente un site unique au Maghreb : un vaste ensemble de 176 menhirs entourant un tumulus renfermant une tombe datant du néolithique (3 à 4000 ans av. J.-C.).

Accès : rejoindre l’A1 au croisement où se trouve la station Afriquia, direction Ouled Abbou puis route de M’zoura. Entrée libre.

Larache et le site archéologique de Lixus

Principal port espagnol sur l’Atlantique durant l’occupation du nord Maroc, Larache est un gros bourg lové sur la rive sud de l’estuaire de l’oued Loukkos, à près de 100 kilomètres au sud-ouest de Tanger.

La médina ceinte de murs épais et surplombant le port, offre, à l’écart d’un tourisme de masse, des ruelles étroites et pentues descendant vers l’océan. À l’instar du souk S’ghir situé à l’entrée, ses placettes y sont bruyantes et colorées, animées jusque tard dans la soirée.

Principale place de la ville, la place de la Libération est un lieu de rendez-vous incontournable pour la jeunesse de la ville qui s’y retrouvent sur une des nombreuses terrasses de cafés logés au bas d’immeubles présentant des façades hispano-mauresques.

Au nord de la médina, surplombant les environs, le château de la Cigogne est un ancien fortin espagnol dont il est dangereux de s’aventure dans les ruines. Par contre, le panorama que l’on y a sur l’estuaire et l’océan vaut le déplacement.

Larache est dotée d’une immense plage, Ras R’mel, au nord de l’estuaire. Malheureusement pas toujours très propre et bien entretenue. On peut y accéder en barque depuis le marché aux poissons ou en voiture ou encore par un service de bus en été. Nombreux cafés restaurants.

Le site archéologique de Lixus

Située à 5 km au nord de Larache au bord de la nationale N1 menant à Tanger, la cité antique de Lixus é été fondée par les Phéniciens au VIIe av. J.-C. et annexée par les Romains en 40 apr. J.-C..

Dotée de plusieurs temples, certains vestiges de nombreux bassins laissent à penser que Lixus était un important centre de salaison de poissons. On y voit aussi les restes d’un amphithéâtre, d’ateliers et de termes dont une mosaïque dédiée à Neptune est exposée au musée archéologique de Tétouan.

Sites touristique majeur de la région, c’est au coucher du soleil que les couleurs sur les marais salants, l’oued Loukkos et l’océan sont les plus splendides.

Accès : avec les bus n° 4, 5 et 7 qui partent en face du château de la Cigogne ou par la nationale N1 en direction de Tanger.

Tanger dans l’Histoire

Même si l’on y signale les présences mythiques d’Atlas et Hercule, ce sont les Phéniciens qui en premier arrivèrent neuf siècles av. J.-C. sur le site de l’actuelle Tanger, bien avant que les Carthaginois n’y fondent un comptoir, Tingi, au IVe siècle av. J.-C.

Incluse dans le royaume de Maurétanie à la chute de Carthage, 146 avant J.-C, Tanger devint, sous le nom de Tingis, chef-lieu de la province romaine de Maurétanie Tingitane aux environs du 1er siècle de l’ère chrétienne. Fortement christianisée pendant plusieurs siècles, elle sera investie par les Byzantins au VIe siècle et ne deviendra musulmane qu’en 706 après sa conquête par Moussa Ibn Nossair.

Durant le XVe, elle subira plusieurs assauts portugais avant que ceux-ci ne s’en emparent en 1471. Tanger passera ensuite par le jeu de mariages royaux sous contrôle britannique jusqu’à ce que le Sultan Moulay Ismaïl la conquiert en 1684.

Au XVIIIe Tanger deviendra la capitale diplomatique du royaume chérifien et le siège des représentations étrangères accréditées auprès du sultan.

Les rivalités seront vives entre français, Espagnols, Britanniques ou encore Allemands, pour avoir la prépondérance sur cette ville africaine contrôlant l’accès à la Méditerranée. Tanger deviendra donc une zone franche internationale en 1923 tout en reconnaissant l’indépendance du sultan.

Son statut définitif sera adopté et signé en 1925 par plusieurs pays européens auxquels s’ajoutent les États-Unis et l’Union soviétique.

Elle sera administrée par 17 fonctionnaires européens désignés par leurs consuls respectifs et par neuf Marocains, six musulmans et trois juifs.

Cette époque sera celle du grand rayonnement international de Tanger, tant dans les domaines économiques que culturels.

Le Maroc ne récupérera définitivement et pleinement Tanger qu’à l’indépendance du pays en 1956.



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