Ouarzazate et le protectorat

Situation géopolitique de Ouarzazate au temps du protectorat

En ce début des années 1920, les troupes françaises ne contrôlaient pas encore tout le Maroc. Notamment une grande partie du sud allant de la vallée du Drâa au Tafilalet ainsi que les versants méridionaux du Haut Atlas Central.

D’autre part ces régions n’avaient été que partiellement explorées et restaient encore pour certaines sous l’influence, tant militaire que spirituelle, de la puissante confédération des turbulentes tribus Aït Atta.

Acteur important et très controversé de cette page d’histoire marocaine, Thami El Glaoui, le Pacha de Marrakech, dont le fief se situait à Telouet, était autorisé avec ses chefs de la tribu Glaoua par dahir, un décret royal, à exercer un pouvoir administratif et militaire jusqu’au moyen Drâa, contrôlant en même temps la piste qui passant par Telouet menait « au Ouarzazate » comme il se nommait alors, mais aussi vers la vallée du Drâa et « au Tazzarine », l’actuelle capitale du Henné dans l’Anti Atlas.

Au sortir de cette piste primordiale malgré l’altitude, seul le ksar de Taourirt resplendissait d’une petite puissance régionale. La deuxième importance de cette piste sommaire résidait dans le fait que Marrakech était la grande place commerciale, les tribus glaouas exerçaient donc une énorme « emprise » sur cette piste par laquelle transitaient toutes les caravanes dans les deux sens nord sud.

À cette époque, l’axe reliant Marrakech à Ouarzazate que nous connaissons maintenant n’existait pas, le chantier était commencé mais s’achevait alors au pied de l’Atlas, à peu près au niveau de l’actuel Aït Ourir. La construction de cette voie ‘‘auto-cyclable’’ vit son achèvement en 1928 grâce au travail acharné des sapeurs pionniers de la Légion.

Révolte berbère

Durant les deux premières décennies du XXe siècle le problème majeur des français dans le sud marocain, de la vallée du Drâa au Tafilalet et dans le Haut Atlas central et méridional, était cette résistance de la puissante confédération Aït Atta menée par leur Amghar Assou Oubasslam, de son vrai nom Issa Ali N’Baslam.

L’Amghar est un puissant personnage élu par les chefs de tribus, autant chef militaire que spirituel, il a aussi un grand rôle social, administrant les conflits internes aux clans.

Son combat était aussi de défendre l’Amazigh Azerf, le code de vie traditionnel berbère. Visionnaire, il pressentait déjà que le mode de vie nomade et le droit coutumier des populations berbères seraient remis en cause, à la fois par le gouvernement marocain, le makhzen, et la puissance coloniale étrangère.

Considéré comme héros national, il s’illustra notamment durant la bataille de Bougafer en 1934 où il résista farouchement pendant trois jours aux bombardements de l’aviation française. Les troupes du protectorat prises en tenaille, avaient aussi eu fort à faire en 1918-19 avec le chef de guerre El Nifroutren, qui lui, sévissait dans le Tafilalet.

En 1918, le général Lyautey, avec l’assistance du Pacha Thami El Glaoui décida d’une intervention militaire contre les Aït Atta dans la vallée du Todra. La configuration d’un terrain montagneux, favorable aux locaux et la résistance farouche des combattants Aït Atta fit de cette expédition un échec.

Ajouté à cela l’inefficacité, les intrigues et la corruption de l’harka (les troupes) du Glaoui, poussèrent le Makhzen, alors siégeant à Fès, et le pouvoir français à créer un Bureau des Affaires Indigènes à un endroit qui serait stratégique, la décision fut donc prise de le trouver dans les parages de «Taourirt d’Ouarzazate», endroit correspondant le mieux au vu de sa situation géographique.

Expéditions de reconnaissance

En février 1927, un lieutenant français nommé Spillman fut chargé de cette mission qui décida de l’avenir ‘’du Ouarzazate’’ que nous connaissons.

À la fin de cette même année Spillman, accompagné du jeune lieutenant Delaye, cartographe militaire, partit plusieurs fois en reconnaissance depuis Telouet où ils étaient en poste, excursions qui les menèrent au ksar de Taourirt, puis dans les hautes vallées du N’Fist et de Tifnout, à Bou Malen (Boumalne-Dadès), dans le but de reprendre langue avec les tribus autochtones d’un dialogue interrompu depuis 1920, mais aussi de rechercher un endroit adéquat pour y construire un petit aérodrome et un poste militaire.

Au grand désarroi du Glaoui, Delaye, mena de son côté ses propres négociations afin rallier des populations autochtones sédentaires usées des exactions commises par les hommes du Pacha.

C’est au cours de l’hiver 1928 que Spillman repartira, endurant les rigueurs de l’hiver montagnard, pour Taourirt à la tête d’une caravane civile de 250 dromadaires transportant vivres, matériel, munitions, escortée par un régiment important du 35e Goum (unités d’infanterie légères de l’armée d’Afrique composées de soldats marocains sous encadrement essentiellement français).

Construction de l’actuel Ouarzazate

À environ 1 kilomètre du ksar de Taourirt il trouva ce qu’il cherchait, une colline plate dominant les environs en l’occurrence, l’oued Ouarzazate, sur lequel il fit entamer les premiers travaux de construction du nouveau poste militaire, aidé en cela par les ruines d’une ancienne forteresse caïdale dont certains murs étaient encore utilisables.

Dans le même temps une piste d’atterrissage fut aménagée vraisemblablement sur l’emplacement de l’aéroport actuel. Une imposante batterie d’artillerie défendait ces chantiers, en outre aussi protégés par des régiments de la légion, des goumiers et des tirailleurs sénégalais.

Au fil du temps, ce village de tentes militaires s’agrandit, les constructions se firent en dur, un petit marché naquit, favorisant toutes sortes d’échanges avec les populations locales.

Les années passant, ce poste militaire et administratif se développa tellement qu’en 1931 il couvrait une région allant de Telouet à Boumalne–Dadès de Agdz à Foum Zguid. Puis à partir de 1934 s’étendit jusqu’au Todgha et Tazenakht sans oublier la totalité de la vallée du Drâa.

Ouarzazate aujourd’hui

Ce modeste poste militaire mais néanmoins stratégique constitué de toiles de tente en 1928, est devenu quelques décennies passées cette capitale de province, maintenant destination privilégiée d’un nombre de plus en plus croissant de touristes foulant le tarmac de ce qui est à présent un petit aéroport international…

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