Musiques du Sahara

Fusion culturelle au Sahara

Descendants des Bédouins Mâaquil, venant du Yémen au XVIIe siècle et des Berbères peuplant alors le Sahara, les Sahraouis ont hérité de cette culture essentiellement orale qui caractérise la vie nomade. Leur langue, l’hassanya, est issue de cette fusion.

L’hassanya provient d’un mélange linguistique du dialecte bédouin amené par les Banu Hassan une des tribus Beni Maâquil, de l’arabe littéral et du zénaga, le berbère mauritanien. Elle couvre une aire géographique importante, du désert algérien au nord Mali, du Sahara marocain à la Mauritanie, jusqu’au Sénégal et au nord Niger, elle est utilisée par un grand nombre de nomades sahariens.

L’évolution sociale

Malgré les changements sociétaux amenés par le modernisme, la sédentarisation et le développement urbain, la poésie hassanie perdure. Les jeunes apprennent toujours les 40 vers qui leur sont personnels et qu’ils doivent déclamer lors de mariages ou de fêtes familiales.

La ‘Lagha’, poésie populaire, inspire autant les hommes que les femmes, même si dans cette société matriarcale, celles-ci s’expriment davantage dans une poésie exclusivement féminine et secrète, la ‘Tabraa’, qui ne se narre que dans leurs alcôves. Si elles y content leurs quotidiens, la prestance et la beauté masculine y sont largement louées et chantées.

Poésie Hassanie

Base de la culture sahraouie, la poésie hassanie prend ses racines autant dans les langues amazighe et arabe que chez les griots mauritaniens. Ces poètes errants arpentaient depuis des temps ancestraux le Sahara en prodiguant leur art, de campement nomade en campement nomade, vers la Saquïa el Hamra et plus loin jusqu’au marché aux dromadaires de Guelmin.

La poésie hassanie s’inspire particulièrement de la vie quotidienne du désert, de la vie tribale souvent faite de rivalités et de tensions entre clans ou familles.

Les poètes expriment pareillement leurs espoirs et leurs craintes, les rapports entre hommes et femmes, les traditions, la disparition progressive de la vie nomade. La foi religieuse est aussi source d’inspiration avec des hadiths et des versets coraniques servant de base pour des poèmes.

Un milieu socioculturel en changement

La poésie hassanie n’est jamais tombée en désuétude, restant un besoin culturel alors que la sédentarisation, si elle inspire à la nostalgie d’un temps passé, a changé le mode de vie de ces populations au passé nomade millénaire.

Aussi bien les responsables culturels que les poètes et musiciens sahraouis ont conscience de la fragilité de cet héritage culturel oral unique qu’il ne faudrait pas folkloriser.

Une poésie musicale codifiée

Musique et poésie ont toujours été intimement liées dans la tradition orale sahraouie, permettant une compréhension et une diffusion plus large de la poésie. Au XVIIIe siècle Saddûn Wall N’Dartou associe la ‘qasida’, poésie arabe classique comportant au moins sept vers à rime unique, à un nouveau style musical.

Celui-ci comporte deux modes à la symbolique importante dans la poésie qu’ils accompagnent et symptomatique du métissage culturel déjà en cours à cette époque.

Des colorations musicales symboliques

‘Janba Lbaïda’, la voie ‘blanche’ dévoile l’origine arabe des compositions poétiques, elle symbolise un moment s’étalant de l’aube à la mi-journée. Dégageant douceur et sensations agréables, elle est considérée comme un divertissement musical correspondant au ‘Ghazal’, chanson lyrique d’origine arabe.

‘Janda Lkahla’, la voie ‘noire’ représente l’apport musical africain. Correspondant à la guerre et à l’honneur, elle est plus adaptée à un mouvement variant du crépuscule au milieu de la nuit. Cette voie est censée dégager excitation et sentiment de force.

Autre mode musical généralement associé à la nostalgie et à la tristesse, ‘Labteït’ couvre symboliquement le milieu de la nuit jusqu’au lever du jour. Il est souvent utilisé comme épilogue poétique dans les chansons et poèmes amoureux. Ces modes prennent des colorations affectives différentes ouvrant sur des univers sonores particuliers.

Accord poétique et musical

Joué dans un ordre strictement défini, quand le joueur de luth entame sa mélodie, le chanteur ou la cantatrice sauront instantanément de quel mode déclamatoire il s’agit et adapteront leur chant à des variations musicales allant toujours du ‘noir’ vers le ‘blanc’.

Les colorations affectives musicales et poétiques doivent être dans les mêmes nuances pour qu’aucune dissonance n’intervienne dans l’interprétation. Ce type de chant, appelé ‘Al Haoul’ en langue hassanya, évoque souvent autant la peur éprouvée envers l’immensité saharienne que celle de la solitude qu’elle inspire.

Les instruments

À l’instar de la poésie qu’ils accompagnent, les instruments utilisés sont aussi le fruit d’un métissage culturel entre Sahara et Afrique subsaharienne.

Deux lieux particuliers étaient privilégiés par les instrumentistes sahariens : la région du Noun et la Saquïa el Hamra.

Sur les rives de l’oued Noun, c’est à Souk Amhayrich, le souk du samedi matin de Guelmim, qu’hommes et troupeaux venant de Mauritanie et du Mali par les routes caravanières convergeaient pour échanger leurs marchandises après avoir parcouru des centaines de kilomètres à travers le désert.

Le métissage provoqué est toujours visible, notamment chez les Gangas de Borj Baïrouk, descendants d‘esclaves noirs qui jouent aussi bien du tambour africain que du bendir berbère ou de la flûte.

C’est aussi du Noun que la ‘guedra’, célèbre danse sahraouie est originaire. Quant à la Saquïa el Hamra, elle a toujours été un lieu un peu mythique de destination privilégiée des ‘Iggaouen’, les griots errants venant de Mauritanie.

Instrument emblématique de la musique du Sahara, le ‘tbal’ est une percussion demi-sphérique pouvant avoir 80 cm de diamètre. Il était utilisé indifféremment dans ces deux parties sahariennes du Maroc.

Le ‘Tidinite’ est un luth à quatre cordes réservé aux hommes. Cet instrument dont la caisse de résonnance est conçue dans une seule pièce de bois sur laquelle est tendue une peau de bœuf non tannée est l’instrument privilégié des griots mauritaniens et rappelle fortement le ‘guembri’ gnaoua.

Le tidinite est surtout utilisé dans la Saquïa el Hamra à l’instar de la flûte traversière ‘Nifara’ alors que dans le Noun c’est la flûte oblique Zozaya qui est jouée. La harpe arquée appelée Ardine originaire de Mauritanie est, elle, totalement dévolue aux femmes.

Danses Sahraouies

La guedra

Originaire de Guelmim, plus précisément des rivages de l’oued Noun, entre Atlantique et Anti-Atlas, au sud d’Agadir, cette danse traditionnelle teintée de soufisme doit son nom au tambourin de terre cuite qui la rythme, El Gudra.

C’est au rythme régulier du guedra, frappé avec de petites baguettes, qu’une femme interprète seule une chorégraphie gestuelle censée transmettre des énergies positives aux spectateurs.

Voilée et drapée, la danseuse est agenouillée, les yeux clos, ses bras et ses mains décorées de henné entament cette gestuelle intense, appelée ‘tadoui’ qui suit à la fois le rythme lancinant du tambourin et le chœur des hommes qui l’entourent en battant la mesure de leurs mains.

Ces chants collectifs se nommant ‘hammayet’ atteignent graduellement un état assimilable à la transe. En complète osmose avec les chants et le tambourin, la danseuse va jusqu’à l’épuisement dévoilant ainsi toute sa spiritualité et sa sensualité.

Teintée d’un soufisme rédempteur, la gadra prend sa source dans des chants religieux, renforçant la foi des acteurs et spectateurs en demandant la bénédiction de Dieu.

Cet art devenu, presque, médiatique

Déjà une mutation sociale est en route. À des fins de préservation culturelle, des concours de rimes et de poésie sont télévisés sur une chaîne régionale à Laâyoune.

Cette émission a tenu son pari, suscitant un engouement ramenant des jeunes sahraouis coupés de leurs racines à renouer avec la poésie traditionnelle.

Par contre, tenue pour secrète et intimement féminine, la ‘Tabra’, cette poésie de femmes pour des assemblées de femmes, commence à se déclamer sur les ondes, perdant ainsi cette intimité et ce statut qui lui était propre.

L’orgue électrique prend de la puissance sur le ‘Tibinit’, ce luth traditionnel sahraoui, dans les partitions musicales et poétiques. Les cachets attirent de plus en plus des artistes, qui autrefois mettaient leurs talents au service des familles auxquelles ils étaient voués en chantant leurs louanges, leur l’hospitalité et leur honneur.

La guedra, comme la poésie musicale hassanie, l’ahwach de l’Anti-Atlas, ainsi que d’autres prestations traditionnelles sont souvent interprétées dans les grands rassemblements culturels ou les moussems.

Dans le grand sud marocain, certains moussems sont très renommés, Assa, Tan Tan… généralement, toutes les cités qui furent autrefois de grands ‘ports’ caravaniers cosmopolites ayant permis ce mélange des cultures.

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