Musique arabo-andalouse

La musique arabo-andalouse

Aussi appelée al moussiqa al andaloussia, gharnati, chaâbi ou encore al-âla au Maghreb, la musique arabo-andalouse est le résultat d’un métissage entre la musique arabe classique du Machrek, le Moyen-Orient, la musique berbère et celle pratiquée dans la péninsule ibérique avant l’arrivée de Tariq Ibn Ziyâd en Espagne au début du VIIIe siècle.

C’est en Andalousie, terre de brassage entre différentes civilisations et cultures qu’est qu’elle a commencé à se développer, notamment avec Hassan Ali Ibn Nafi, dit Ziriab.

Musicien et poète de génie originaire du Moyen-Orient, il est un des principaux protagonistes de son histoire en introduisant le oud, luth arabe, en Andalousie. C’est lui aussi qui mit au point des techniques vocales et poétiques tels le muwashsha et le zajal et en institua le cycle des noubas.

Ces formes musicales poétiques furent l’une des sources des Cantigas de Santa Maria d’Alphonse X de Castille et des troubadours.

Pour certains, après l’exode massif des morisques et des juifs de la péninsule, la musique arabo-andalouse ayant laissé ses empreintes dans le folklore et l’imaginaire espagnol aurait aussi donné naissance au flamenco.

Elle influencera aussi la musique contemporaine avec Camille Saint-Saëns (1835-1921), pianiste et organiste post romantique qui la découvrit lors de voyages en Algérie et en Égypte.

Bien que non écrite et reposant sur des règles strictes, elle s’est transmise oralement de maître à élève et connaitra, durant plus de huit siècles, un développement fulgurant, tant dans l’Espagne médiévale qu’au Maghreb. Les trois foyers culturels principaux formant chacun une école en étaient Grenade, Cordoue et Séville.

Au Maghreb

Des écoles remontant à l’époque d’Al Andalus dont se réclament au Maghreb des interprètes contemporains originaires de Rabat, Fès, Meknès ou Tétouan au Maroc, et Oujda, Oran, ou encore Tlemcen en Algérie.

En effet c’est dans ces villes ayant accueilli un nombre important de réfugiés andalous et Juifs sépharades à partir du XVIe siècle que la musique arabo-andalouse a pris racine même si bien avant la chute de Grenade, des musiciens qui s’étaient déjà repliés au Maghreb la divulguèrent au Maroc et en Algérie.

La tradition de la musique arabo-andalouse, à travers des styles musicaux provenant d’écoles différentes : le gharnati, le chaâbi, le maalouf ou l’al-âla…, est toujours vivement appréciée et activement pratiquée de nos jours, surtout dans les grands centres culturels où elle est enseignée.

Système musical

La musique arabo-andalouse est composée de noubas, un terme arabe signifiant ‘attendre son tour, se succéder’, car devant le Calife de Bagdad, les musiciens jouaient chacun leur tour.

Composition musicale construite sur un mode défini, la musique arabo-andalouse comporte 24 noubas, une pour chaque heure de la journée. Pour les mélomanes, celles interprétées tôt au petit matin devant un public averti sont les plus belles.

Il est à noter qu’il existe une différence entre la nouba orientale et la nouba occidentale. Orientale, elle est imprégnée d’éléments turcs, byzantins, persans alors qu’occidentale, elle est restée telle qu’elle existait au Moyen-âge. De plus, les siècles d’occupation ottomane n’ont pas empêché le développement des écoles dites andalouses au Maghreb.

Sur les 24 noubas originelles, il n’existe plus que douze. Sans répertoire unique et commun à l’ensemble du Maghreb, des noubas du même nom peuvent être interprétées différemment d’une école à l’autre, et ce, même au sein d’une école.

De nos jours

Si des corpus écrits par le tétouanais Muhammed al-Hayik recueillant ce répertoire apparaissent au XVIIIe, le XXe verra l’apparition d’un recueil des différentes transcriptions musicales de la musique arabo-andalouse.

Des congrès au Caire (1932), à Fès (1939 et 1969) ont été l’occasion de rencontres fructueuses entre spécialistes venant de divers horizons et ayant cette passion commune.

En 1960, sous l’égide de l’UNESCO, l’Association des mélomanes de la musique andalouse fondée à Casablanca par Driss Benjelloun en 1958, procèdera à l’enregistrement de huit noubas interprétées pas des grands maîtres marocains parmi lesquels : Ahmed Loukili, Mohamed Temsanami et Abdelkrim Rais.

Au Maroc, toujours, un Orchestre de musique andalouse a été créé à la Radio Télévision marocaine en 1952 et le Ministère de la Culture a réalisé une anthologie d’al’Âla de 1989 à 1992.



Les grands interprètes marocains

Moulay Ahmed Loukili (1907-1988), né à Fès dans une famille qui l’a initié à la musique. Après des études à la prestigieuse université Qariwyine de Fès, il a consolidé sa formation musicale auprès des maîtres Brihi et Mtiri ainsi que dans différentes zaouïas.

En plus d’un travail de fond dans le domaine poétique, il a notamment revisité le répertoire de ‘al âla pour y adopter quelques instruments occidentaux.

Abdelkrim Raïs (1912-1996). Il a effectué l’essentiel de son apprentissage musical auprès de maître Brihi dont il a hérité de son fameux rbab. Il lui a de plus succédé à la tête de sa formation : l’Orchestre Brihi.

Un orchestre renommé pour son esprit traditionnel et son refus de l’intrusion d’instruments occidentaux modernes. Il a aussi dirigé le Conservatoire de musique de Fès en 1960 et actualisé le recueil al-Jamî en 1982. Il représente la tendance conservatrice de l’école fassie.

Mohammed ben l-Arbi Temsamani (1920-2001). Il a découvert et s’est passionné pour la musique arabo-andalouse grâce à sa mère et à ses oncles qui l’ont de plus encouragés à apprendre le piano, le luth et l’alto.

Il crée une l’association ‘Ljwân al-Fann avec Ahmed Loukili puis de vient en 1956 directeur du Conservatoire de musique de Tétouan. Il aime enrichir l’instrumentalisation traditionnelle avec des instruments comme le hautbois, la clarinette, le saxophone et le piano.

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Villes
Andalousie  
Grenade  
Hotels
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Plus d’hôtels à Grenade

Grenade, plus de 560 hôtels

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Plus d’hôtels à Séville

Séville – + de 860 hôtels

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Plus d’hôtels à Alméria

+ de 500 hôtels

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Hôtels en Andalousie

+ de 1200 hôtels

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Hôtels province de Cordoue

Plus de 550 hôtels

  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
Hôtels province de Malaga

+ De 5500 hôtels Province Malaga

Scroll Up