Les Guanches

Les Guanches, peuple des Canaries

Les Guanches, du mot berbère igwanchiyen, étaient le seul peuple autochtone connu des Canaries lors de la venue des premiers Européens sur l’archipel.

Leur culture disparue a aussi laissé des empreintes sur certaines des autres îles volcaniques de la Macaronésie : Açores, Madère, Cap-Vert et Îles Selvagens.

Les toponymes usuels de l’archipel, tout comme les études des chromosomes Y menées sur des restes de momies Guanches et sur de l’ADN, tendraient à prouver l’origine berbère des autochtones canariens.

Enfin, des peintures rupestres ont été découvertes dans la plupart des îles au XVIIIe siècle. René Verneau, un anthropologue français, découvrira lui, en 1878, des inscriptions de type libyque d’origine maurétanienne. Les Guanches sont aussi les inventeurs d’un langage sifflé, le Silbo, toujours pratiqué sur l’île de La Gomera.

Le Silbo gomero

Inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’UNESCO, le langage sifflé de l’île de la Gomera, le Silbo, était utilisé par les Guanches.

Utilisé de nos jours uniquement sur cette île de 300 000 habitants sur laquelle on vient principalement pour s’adonner à des randonnées, le silbo a été inventé pour que les gens puissent communiquer entre eux par delà les vallées et les gorges qui caractérisent cette île des Canaries. Une tradition qui s’est tellement perpétuée que l’apprentissage du silbo est intégré au système éducatif gomero.

Véritable langage, les sons pratiqués à l’aide d’un ou deux doigts dans la bouche permettent de moduler différentes tonalités de diverses longueurs correspondant à des mots puis des phrases. La portée de ces sifflements peut atteindre plusieurs kilomètres.

Il est à noter que ce langage sifflé est aussi utilisé par les bergers berbères du Haut Atlas marocain.



Les premiers voyages

S’il apparait que le peuplement de l’archipel était connu des Phéniciens et des Carthaginois, des chronologies datant du 3e siècle avant l’ère chrétienne ont été trouvées dans une grotte de Tenerife (Grotte des Guanches à Icod de los Vinos).

Le premier voyage connu, celui d’Hanon un riche marchand carthaginois, aurait eu lieu aux environs du 5e siècle av. J.-C.

Dans son voyage décrit dans le ‘’Périple d’Hannon’’, il est mentionné qu’Hannon, parti à la découverte de nouvelles routes commerciales en longeant le continent africain, trouva une île désertée de ses habitants, mais néanmoins pourvue de nombreux temples.

Plus tard, Pline l’Ancien rapporte au 1er siècle que le roi berbère Juba II de Maurétanie voulait recenser la faune et la flore de l’archipel dont il visita quatre des îles et en reconnut une cinquième. La description qu’il fit des îles a permis de les identifier et celle de Tenerife fut la dernière et sixième étape de son voyage.

S’il n’évoque pas la présence d’indigènes, il souligne néanmoins l’existence d’un temple sur Lanzarote ainsi que des ruines d’édifices sur Grande Canarie.

La fin d’un peuple

L’absence d’habitants mentionnée durant ces voyages ainsi que les recherches archéologiques entreprises ne permettent pas de déterminer si les Guanches occupaient de façon permanente certaines de ces îles.

Le fait que l’Islam n’ait pas pénétré les populations autochtones canariennes, lors de son expansion vers l’ouest, laisse à penser que le peuplement des Canaries serait la plus lointaine migration vers l’ouest des Berbères, et cela, entre le 1er siècle et la conquête musulmane du VIIe siècle.

La plupart des Guanches furent exterminés durant la conquête de l’archipel par les Espagnols au XVe siècle. La grande majorité des survivants, convertis de force au christianisme, furent vendus comme esclaves, d’autres s’unirent par le mariage aux conquérants…

L’organisation sociale des Guanches

Celle-ci était très disparate d’une île à l’autre. Avant l’arrivée des conquérants européens, l’île de Tenerife comptait jusqu’à neuf royaumes. Toutes les terres appartenaient aux chefs qui les louaient à leurs sujets. Dans certaines îles, la charge politique était héréditaire alors que dans d’autres les responsables étaient élus.

Sur Gran Canaria, le suicide était honorable et il n’était pas rare que lors de l’intronisation d’un chef, un de ses sujets se jette d’un ravin pour lui rendre hommage.

La polygamie était pratiquée sur certaines îles alors que sur d’autres la monogamie était de rigueur. Les femmes étaient respectées et tout coup porté contre l’une d’elles était considéré comme un crime et sévèrement puni.

Mode de vie

Si les Guanches vivaient principalement dans des grottes naturelles ou artificielles, ils construisaient aussi des cases et de petites fortifications là où creuser des grottes s’avérait impossible. La base de leur nourriture était des céréales grillées.

Ils portaient principalement des vêtements en peau de chèvre ou en fibres textiles, comme le montrent ceux retrouvés dans des tombes de Grande Canarie, et affectionnaient les bijoux. Ceux-ci étaient en bois, en coquillages ou en pierre.

L’utilisation de perles en céramique lisses ou polies, généralement noires et rouges, était très répandue. Les Guanches se peignaient aussi le corps à l’aide de pintaderas, des objets en terre cuite de couleurs variées. Leurs poteries étaient simples et sans décor.

Quant à leurs armes, elles étaient constituées de haches en pierre polie ou en obsidienne taillée comme à Tenerife. Des javelots, des lances et des massues ont aussi été répertoriés.

Divinités Guanches

Si la croyance aux démons était générale, celle en un Être suprême nommé Acoran à Grande Canarie était aussi professée. Quant aux femmes d’El Hierro, elles adoraient la déesse Moneiba alors que, sur d’autres îles, le Soleil, la Lune, la Terre et les Étoiles étaient vénérés. Ces divinités qui vivaient toujours au sommet des montagnes avaient pour coutume d’en descendre pour écouter les prières de leurs fidèles.

Le démon de Tenerife, nommé Guayota, vivait lui, au sommet du volcan Teide, l’enfer que les autochtones appelaient Echeyde.

Guerres et disputes personnelles étaient proscrites durant les fêtes religieuses et en période de troubles, les Guanches avaient pour coutume de mener leurs troupeaux dans des prairies consacrées. Là, les agneaux étaient séparés de leurs mères afin que leurs bêlements attirent la pitié d’Acoran dont le nom variait plus ou moins d’une île à l’autre.

Rites funéraires

À Palma, les Guanches laissaient seuls pour mourir les vieillards qui le désiraient. Leurs adieux aux proches effectués, ils étaient conduits dans une caverne sépulcrale en emportant un unique bol de lait.

Dans un but religieux, différentes techniques, similaires à celles pratiquées dans l’Égypte antique, permettaient d’embaumer les morts pour favoriser leur ascension et, en même temps, d’honorer leurs mémoires en gardant au mieux leurs dépouilles momifiées.

C’est au Musée archéologique de Tenerife à Santa Cruz que l’on peut admirer la plupart de ces momies qui ont longtemps suscité la curiosité de bien des scientifiques. Certaines de ces momies canariennes sont également exposées à travers le monde : au Louvre à Paris, au Musée archéologique national de Madrid ou encore au British Museum de Londres.

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