Les berbères

L’origine des Berbères

Phéniciens, carthaginois, romains, vandales et byzantins se sont succédé avant l’invasion arabe et l’islamisation qui en suivit dans un Maghreb occupé depuis des temps anciens par des peuplades berbères qui laissent perplexes bien des chercheurs.

Nous connaissons ces peuples que les Grecs nommaient barbaros sous les noms de Numides, Libyens, Gétules… De fait, barbaros signifie ‘’non grec’’, ‘’étranger’’.

Tamazgha, Le monde berbère

À une époque où les frontières n’existaient point, s’étendait de l’Océan Atlantique, y compris l’archipel des Canaries, jusqu’au Nil ; des rives de la Méditerranée jusqu’à celles du Niger et du Sénégal.

Ils sont pasteurs nomades, agriculteurs, éleveurs, arboriculteurs sédentaires ou semi-nomades, artisans, montagnards ou hommes des plaines et du désert ; tous ont su tirer parti d’un environnement souvent austère.

Les Berbères parlent le tamazight, langue chamito-sémitique qui se décline sous plusieurs formes selon les régions. Langue surtout orale, son alphabet est appelé tifinagh. Longtemps utilisé par seulement quelques érudits et le peuple touareg qui a su le préserver, le tifinagh revient à l’honneur et commence à être appris dans les écoles marocaines et algériennes.

On distingue deux familles : les langues du groupe Zénète ou non.

Les dialectes de l’Atlas et de la Kabylie appartiennent à la première famille. Les langues du groupe Zénète sont : le Rifain dans le nord-est du Maroc y compris les parlers Zénètes de l’Oriental, le berbère du Moyen Atlas oriental dans le centre-est du Maroc, les parlers du nord-ouest de l’Algérie, le chaoui des Aurès, les parlers nord-sahariens ainsi que les dialectes Zénètes de Tunisie et de Libye.

Le nombre de locuteurs berbères est difficile à déterminer et les enjeux politiques que suscite cette estimation rendent plus ou moins contestables et/ou contestés les chiffres avancés par les différentes parties.

Langue officielle au Maroc et en Algérie (environ 20 millions de berbérophones dans ces deux pays), l’ont peut raisonnablement penser que le nombre de locuteurs berbères se situe autour de 40 millions de personnes dans le monde. Parlé par plus de 1,5 millions de personnes, le berbère, avec ses variantes kabyle, chaoui, rifaine et chleuh, est la deuxième langue la plus parlée en France.

Le calendrier berbère

La volonté de créer une ère berbère a toujours été très présente chez les militants berbéristes maghrébins. Ainsi en 1960, à l’initiative de l’Académie berbère de Paris 7, des recherches sont entreprises pour tenter de définir un point zéro. Le paysan berbère utilisait lui, un calendrier agraire servant à rythmer les travaux agricoles saisonniers.

Longtemps occulté par les gouvernements maghrébins post coloniaux qui y voyaient une tentative d’affirmation d’une identité berbère, Yennayer le Nouvel An berbère était diversement fêté en Tamaghza. Il passait jusqu’à maintenant presque inaperçu au Maroc alors qu’il a toujours été très suivi en Kabylie.

Les concepteurs du calendrier berbère choisirent l’installation sur le trône d’Égypte du roi berbère Chachnaq et la fondation de la 23e dynastie égyptienne qui régna jusqu’en -715 av. J.-C. comme premier fait historique marquant le point zéro, soit 950 ans av. J.-C.

En Tamaghza, en 2018 de l’ère chrétienne, nous sommes donc en 2968 et Amenzu Yennayer, le Premier de l’an berbère, se fête donc le 12 ou 13 janvier du calendrier grégorien.

Les grandes dynasties berbères au Maroc

Dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, trois grandes familles berbères à l’origine de différentes dynasties : les semi-nomades bâtisseurs Zénètes, les nomades sahariens Sanhadja et les Masmoudas sédentaires, se sont âprement disputées cet espace.

Ils ont lié leurs histoires aux montagnes du Rif, de l’Atlas et du Jbel Saghro, aux grandes palmeraies sud-marocaines et aux pistes caravanières.

Les Sanhadja

Aussi appelés Zénaga, les Sanhadja, isenhadjen en berbère, sont des nomades originaires de l’Ouest saharien, essentiellement de l’actuelle Mauritanie. Les tribus appartenant à cette confédération ont influencé largement influencé l’histoire, tant du Maroc que de la Mauritanie, de l’Algérie ou encore de l’Espagne.

Partagés en trois grandes tribus : les Lemtuna, les Godala et les Messoufla, les Sanhadja étaient à la fois éleveurs nomades, caravaniers et guerriers. Nomadisant dans l’ouest du Sahara, de l’Adrar mauritanien au Tafilalet marocain, à l’instar des Touaregs dont ils étaient proches, ils étaient voilés. Le litham dont ils se couvraient la tête leur valu le nom de ‘’moulathimoun’’, les voilés.

La dynastie Almoravide. 1060-1147.

Les Sanhadja sont à l’origine de la dynastie Almoravide fondée au 11e siècle dans l’actuelle Mauritanie. Les Almoravides conquerront le Sud marocain et Sijilmassa puis le Souss avant de fonder Marrakech en 1062.

Ils étendront ensuite leur domination sur Al Andalus dans le sud de l’Espagne de 1086 à 1142. La dynastie Almoravide de Youssef Ben Tachfin, premier sultan et troisième imam de la dynastie, assurera son autorité sur ce Maroc naissant jusqu’en 1147, date à laquelle elle sera vaincue par les Almohades.

Grandes confédérations tribales berbères

Ennemis héréditaires pendant des siècles, la confédération tribale Aït Atta et celle des Aït Yafelmane composée des tribus Aït Izdeg, Aït Yahia, Aït Merghad et Aït Hdiddou sont les tribus les plus importantes descendant des nomades Sanhadja.

Aït Atta

Bergers nomades et farouches guerriers occupent un territoire allant de la vallée du Drâa à celle du Ziz au sud-est marocain et du Sahara au Dadès et au Todra. Néanmoins leur habitat principal est constitué par le Jbel Saghro.

Aït Yafelmane

Principalement installés dans les montagnes du Haut Atlas central et oriental. Ils occupent toujours un territoire qui s’étend au nord des hauts du Dadès et du Todra jusqu’au jbel Ayachi et Midelt ; au sud, de l’oasis du Ferkla à Er-Rachidia ; à l’extrême est de l’Atlas, du Gheris et Erfoud à Gourrama, de Boudnib jusqu’aux environs de Bouarfa.

Les Masmoudas

Les Imasmouden en tamazight font partie d’une confédération berbère originaire du Haut Atlas. À l’époque médiévale et à la veille de la conquête arabe, à l’exception de localités sanhadjiennes dans le sud, sédentaires, ils occupaient un vaste territoire allant de la méditerranée à la vallée du Drâa.

La dynastie Almohade 1145-1248.

Au début du 12e siècle, les Masmoudas créèrent à Tinmel dans le Haut Atlas un mouvement religieux appelé Almohade, ’’ qui proclame l’unité divine’’, Imweḥḥden en berbère. Ce mouvement spirituel sera à l’origine de la dynastie éponyme qui régnera sur le Maghreb et Al Andalus de 1145 à 1248.

Dans le Sud marocain, des tribus célèbres, Aït Bâamrane, Seksawa, Glaoua, appartiennent à cette confédération Masmoudas.

Les Glaoua

Les Iglaoua, en berbère, de langue tachelhit sont originaires du Haut Atlas au sud-ouest de Marrakech. Leur territoire s’étend au nord jusqu’aux contreforts de l’Atlas à Sidi Rahal et la vallée du Rdat ; au sud, jusqu’au confluent des rivières Mellah et Oulina.

Le village de Télouet a toujours été leur fief et la kasbah dont la construction commencée au 17e siècle a été achevée au 20e, leur forteresse.

Les glaoua ont de tout temps été renommés pour leurs richesses. Richesses qu’ils doivent en partie au droit de taxe sur le commerce caravanier qui transitait par la piste reliant Marrakech à Ouarzazate via Aït-Benhaddou.

Le Pacha glaoui Thami El Glaoui surnommé le ‘’Seigneur de l’Atlas’’ composera ensuite avec le protectorat français pour assoir leur pouvoir sur l’ensemble du sud marocain. Il complotera même avec les Français pour évincer le Sultan Mohammed V, grand-père du roi actuel, connu pour des idées d’indépendance qui auraient menacé son pouvoir.

Les Aït Baâmrane.

Pour la plupart d’entre eux, les Aït Baâmrane sont issus des Guezoulas berbères originaires du nord Sahara marocain depuis la préhistoire. Les Guezoulas étaient appelés gétules par les Romains, et jazoula masmouda par les Arabes.

Au fil du temps ces tribus se sont plus ou moins métissées avec les descendants des conquérants bédouins Beni Mâaquil venant du Yémen, certaines parlant aussi bien l’hassanya la langue sahraouie, que le berbère.

Leur confédération est constituée de cinq tribus berbérophones : Ait Boubker, Ait Azza ou Yaaza, Ait Khoms, Mesti, Ait Abdallah et d’une arabophone, les Sbouya.

Les Zénètes

Originaires de l’ouest de l’actuelle Libye où ils se seraient installés dans l’Est marocain dès l’époque romaine. Semi-nomades berbérophones, leur langue est le tazenatit.

Ils sont à l’origine de la fondation de plusieurs états berbères au Maghreb et en Espagne sous le règne mérinide et de la création de l’émirat kharidjite de Sijilmassa.

La dynastie Mérinide 1244-1465

Fuyant l’avancée des tribus arabes Banu Hilal, les Zénètes de la tribu des wassins s’installèrent principalement dans la plaine de la Moulouya au nord-est du Maroc au 11e siècle.

Profitant du désagrégement de la dynastie almohade, ils de rebellèrent contre eux en 1244 puis rentrent dans Marrakech en 1269 et fondent une dynastie qui règnera sur le Maroc et la côte andalouse jusqu’en 1465.

Les Meknassa ou Miknassa

Les Meknassa sont une tribu Zénète originaire de la région de Kairouan en Tunisie. Après avoir fondé Meknès en 711, un groupe Zénète participera à la révolte berbère suscitée par Maysara en 739.

Certains d’entre eux adopteront l’islam kharidjite et fonderont ensuite la cité de Sijilmassa en 757 sous la férule de Semgou Ibn Wassoul al Miknassi.

Les Aït Seghrouchen

Issus du groupe ethnique des Zénètes, ils sont maintenant installés dans le sud marocain, du sud d’Er-Rachidia à Gourrama et jusqu’à l’extrême est du Haut Atlas, ainsi que dans la région de l’oasis de Figuig.

Leur foyer est le jbel Tichoukt dans le Moyen Atlas, dans les environs de la petite ville de Boulemane, dispersé, leur territoire y forme de petites enclaves. Leur probable ascendance avec Moulay Ali Ben Amar Ben Yaya Ben Idriss II, de la dynastie Idrisside leur fait jouir d’un grand prestige dans la région.

Prestige renforcé en 1924-1926 lorsqu’ils résistèrent héroïquement aux troupes françaises durant deux hivers dans leurs montagnes enneigées avant que le froid et le manque de provisions les fassent se rendre.

Certains d’entre eux s’engagèrent ensuite aux côtés de la France à l’intérieur du 2e GTM, groupe de tabors marocains. Ce corps d’infanterie légère de l’armée d’Afrique a existé de 1908 à 1956, date de l’indépendance marocaine.

Il s’illustra durant la deuxième guerre mondiale en participant à la libération de la Corse, de l’ile d’Elbe et durant la campagne d’Italie, puis en Indochine de 1946 à 1954 et obtint de nombreuses médailles et citations sous les ordres du général Guillaume.

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