Culture basque

La culture basque

Pays d’hommes fiers et indépendants, de marins et de montagnards, le Pays basque, appelé Vasconie au Moyen-âge, a connu une histoire mouvementée qui malgré tout lui a permis de garder sa langue, aux origines mystérieuses, et sa culture.

Les Basques se nomment euskaldun et parlent euskara, la langue. Euzkal Herria désigne le Pays basque dans une notion géographique et culturelle alors que le terme Euzkadi contient davantage une notion politique de patrie. C’est ce dernier qui est utilisé pour désigner de nos jours le Pays basque espagnol formé de ses trois provinces, Araba-Álava, Bizcaya et Gipuzkoa.

Euskara, vecteur de la culture basque

Plus vieille langue d’Europe de l’Ouest, la langue basque qui y a précédé les langues indo-européennes et latines, si elle n’a aucun lien de parenté avec le français et le castillan, elle présente par contre quelques similitudes avec des langues du Caucase à l’instar du géorgien.

D’origine linguistique inconnue, si on parle du basque comme d’un isolat linguistique il faut aussi souligner que les Basques, après avoir été conquis et socialement assimilés tour à tour par les Romains, les Wisigoths, les francs, les musulmans, puis enfin les Français et les Espagnols, sont un des rares peuples à avoir pu et su garder intacte sa langue originelle.

Divisée en plusieurs dialectes dont le développement a été favorisé par l’isolement montagnard pyrénéen, la langue basque était parlée par 80 % de la population basque à la fin du XIXe siècle. De nos jours seulement 20 % de cette population parlent l’Euskara Batua, la langue unifiée mise au point par l’Euskalzaindia, l’Académie de la langue basque.

C’est ce basque moderne qui est maintenant utilisé dans les médias, la littérature, l’administration et les écoles basques (ikastola). La grande majorité de ces locuteurs habitent au Pays basque espagnol où l’euskara a un statut officiel depuis 1978.

Les politiques répressives des états espagnols et français, l’enseignement obligatoire dans ces langues, l’absence d’unité linguistique et l’installation d’une population non bascophone ont largement contribué à sa marginalisation.

Contraints au quotidien de parler français ou castillan, les Basques ont été amenés à fragiliser eux-mêmes leur langue en ne la pratiquant plus que dans la sphère privée, entre amis, en famille ou lors de rassemblements culturels.

Cependant les nouvelles politiques linguistiques appliquées font que l’euskara a la même présence dans la sphère publique et éducative que le castillan sur le territoire basque. Ainsi l’on peut voir des panneaux de signalisation routiers, les plaques de rue ou les inscriptions sur les édifices publics transcrits dans les deux langues.

Un patrimoine culturel séculaire

Si l’on dit des Basques qu’ils chantent et dansent au pied des Pyrénées, c’est qu’ils possèdent un patrimoine culturel à l’image de leur pays, aussi riche que varié.

Celui-ci englobe autant des savoir-faire du quotidien que des savoirs-dire perpétuant oralement les contes, les mythes et les légendes. Un patrimoine qui se perpétue à travers de nombreuses productions artistiques : littérature, théâtre, chants et danses…

Sans oublier un magnifique patrimoine environnemental fait de vallées profondes et isolées, de hautes montagnes et de vertes collines et bien sûr de l’océan que de nombreux marins et pêcheurs basques ont souvent affronté avec difficulté lors de longues et éreintantes chasses à la baleine.

Chants basques

Dans l’univers culturel basque, le chant et les danses ont toujours occupé une place primordiale et conviviale.

Le bertsularisme

Pilier de la littérature orale basque, cette très ancienne tradition, véritable exercice intellectuel, est une improvisation chantée et versifiée sur des thèmes le plus souvent imposés.

Devenu un phénomène de grande ampleur culturelle, des championnats lui sont consacrés depuis 1935 et des écoles de formation à cet art ont été ouvertes depuis les années 1980.

Art très codifié, ces joutes orales organisées directement sur scène, dans des lieux conviviaux de rencontre, séduisent un public de plus en plus important parmi lequel de nombreux jeunes. Signe d’adaptation, les jeunes générations d’improvisateurs (bertsolari) mêlent leur art à d’autres disciplines comme la danse et la musique.


Le bertsulari Fernando Aire « Xalbador » (1966)


Danses basques

Aussi incontournables que les chants, les danses basques constituent un des piliers de la culture euskarienne. Même si des danses particulières sont communes à l’ensemble des Basques, chaque territoire historique, chaque village possède une danse propre qu’il pratique lors de fêtes particulières ou de festivités plus importantes comme les carnavals.

Certaines de ces danses sont très anciennes, d’autres ont été remises au goût du jour avec des arrangements et des chorégraphies modernes et populaires.

Parmi celles-ci, on peut distinguer trois types :

les danses de procession ou de place : pratiquées lors de procession de fêtes, ces danses spontanées et populaires ont contribué au développement du répertoire de groupes de danses. Elles sont toujours très en vogue, notamment dans les milieux ruraux où elles invitent processionnaires et visiteurs à y participer.

les danses des épées : leur interprétation est toujours liée à des commémorations ou des hommages.

les danses de fin de festivités : comme son nom l’indique, ce type de danse est effectué pour clore des carnavals ou des évènements particuliers, des processions.

On notera en Biscaye la Kaxarranka pratiquée à Lekeito sur la côte basque espagnole ou encore la Dantzari dantza de la comarque de Durango qui par son rythme, sa force et la beauté de sa chorégraphie est une des danses les plus représentatives du Pays basque.

Dans le Guipúzcoa, la danse des cerceaux, Arku dantza, et celle des rubans, Zinta dantza, attirent particulièrement l’attention des touristes.

Côté français, dans le Labourd (Lapurdi), région de Bayonne, la Kaskarotak est une danse féminine née dans l’attente des bateaux de pêche. Dans la Soule (Xiberoa,) vallée enclavée des Pyrénées-Atlantiques, l’apprentissage de la danse basque se fait par un réseau d’écoles formant des groupes de danseurs officiels de villages : les aitzindariak.

Le théâtre basque

Le théâtre traditionnel de plein air

Issue d’une tradition très ancienne, la Pastorale, qui peut être jouée et chantée en plein air, est la forme la plus ancienne du théâtre basque, particulièrement dans la Soule où elle constitue la forme la plus élaborée de théâtre populaire basque de plein air. La Mascarde est, elle, une forme de théâtre joué, chanté et dansé en période de carnaval.

Les Toberak ou charivari. Répandus en Europe sous différents noms, les charivaris, jugements théâtraux populaires, perdurèrent au Pays basque sous leur forme la plus ancienne jusqu’en 1937.

Cette expression artistique était aussi une occasion festive pour mettre en scène de façon satirique un tribunal avec juges et accusés. La danse y avait un rôle aussi prépondérant que les costumes des danseurs. Il s’y associait des bertsolari, des improvisateurs, des clowns et des musiciens. Cette forme de théâtre populaire de plein air était accompagnée et clôturée par un bruyant défilé.

Le théâtre de salle

C’est avec Marcelino Soroa que le théâtre classique de salle prendra pied à Saint-Sébastien à la fin du XIXe siècle. Au Pays basque nord, ce théâtre classique ne verra le jour que dans les années 20. Depuis la deuxième moitié du XXe siècle, des auteurs basques ainsi que des adaptations en Basques d’œuvres classiques ont vu le jour et étoffé ce répertoire théâtral.

Le théâtre, dit de salle, en langue basque s’est développé au début des années 1920.

Littérature

En 1545, le recueil de poésies religieuses et profanes de Bernat Dechepare, curé du village de Saint-Michel en Basse-Navarre (région de Saint-Jean-Pied-de-Port dans les Pyrénées-Atlantiques) sera le premier livre imprimé entièrement en langue basque.

Puis en 1643, Pedro ‘Axular’ de Aguerre, curé de Sare, toujours dans le même département, publie ‘Gero’ (plus tard), considéré comme un chef-d’œuvre de la littérature basque.

Avant que la littérature basque ne se laïcise dans la seconde moitié du XIXe siècle, c’est un jésuite guipuzcoan aussi grammairien, Manuel Larramendi, qui se rendra célèbre au XVIIIe pour ses importants travaux de linguistiques. La seconde moitié du XXe siècle, la littérature basque connait avec des auteurs comme Jon Mirande et Gabriel Aresti, un important développement.

Parmi les écrivains actuels les plus en vue, on peut citer Bernardo Atxaga, originaire du Guipúzcoa, dont le roman ‘Obabakoak’ qui a obtenu en 1989 le Prix national de littérature en Espagne a été traduit en 19 langues. Quant à Itxaro Borda, il a reçu en 2001 le Prix Euskadi pour son roman ‘’100 % basque’’. Actuellement, 1500 livres sont écrits et édités chaque année en langue basque.

Euskal pilota, la pelote basque

Jeu très ancien dont on trouve des traces dans différentes civilisations, la pelote basque moderne est issue du jeu de paume, dont elle est devenue une adaptation locale, après que cette pratique ait disparu au XVIIe siècle.

Que ce soit en montagne, dans les vallées ou près de l’océan, au nord comme au sud des Pyrénées, de nombreux villages basques sont pourvus d’une cancha, une aire de jeu de pelote basque.

Même si la pratique à main nue, la plus ancienne, reste la plus traditionnelle et la plus populaire des façons de jouer à la pelote, surtout en France, le jeu a subi des transformations et des adaptations avec l’apparition de différentes spécialités.

Les principales aires de jeu de la pelote basque

Les trois les plus fréquentes sont :

le fronton place libre :

C’est l’aire de jeu la plus répandue au Pays basque, chaque village en possède généralement au moins un. On l’appelle aussi frontis ou plaza en espagnol.

On peut y pratiquer la main nue, le chistera, la pala ou le rebot.

Le fronton mur à gauche :

Originaire du Pays basque espagnol où il est le plus courant, il est appelé frontón ou pilotaleku qui signifie littéralement en basque ‘’lieu de pelote’’.

Il est constitué d’un mur de face et d’un mur latéral situé à gauche et parfois d’un mur de fond. La cancha, l’aire de jeu, est divisée en carrés matérialisés par des lignes distantes de 3,50 m les unes des autres. Ces canchas peuvent être différentes selon les lieux et leurs époques de construction. Elles peuvent être en intérieur comme pour le jai alai, ou en extérieur.

Des deux, seul le fronton espagnol est reconnu par lé fédération internationale.

Le trinquet :

Il s’agit d’une aire de jeu close et couverte comportant quatre murs utilisés pour le jeu.

Tenues et protections

À l’occasion des tournois ou compétitions, le pelotari est vêtu d’un pantalon blanc et d’un polo à col aux couleurs du club. Côté français, le béret rouge est souvent associé à la pelote.

Les pelotes pouvant atteindre des vitesses très élevées, jusqu’à 300 km/h pour la cesta punta, le port des lunettes de protection dans des spécialités comme la pala, la paleta, la cesta punta ou encore le xare, est obligatoire.

À l’exception de la main nue, un casque est de rigueur pour les spécialités jouées en intérieur avec une pelote de cuir.

La pratique et les instruments

Réclamant force, adresse et agilité ainsi qu’un bon coup d’œil, la vista, il existe deux façons de pratiquer la pelote basque: directe ou indirecte.

De façon indirecte

Aussi appelées blaid, ces spécialités se pratiquent par l’intermédiaire d’un mur.

Ce sont les manières les plus courantes de jouer à la pelote : chaque joueur devant renvoyer à son tour la pelote après le premier rebond au sol ou à la volée : main nue, xare, joko garbi…

De façon directe

Cette option voit deux équipes s’affronter face à face : rebot, pasaka…

Certaines variantes de jeux directs dérivés du jeu de paume sont inscrites à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France : rebot, pasaka, laxoa.

Main nue : c’est la pratique la plus naturelle et la plus ancienne, souvent considérée comme la plus noble, elle ne nécessite aucun instrument. Cette discipline se pratique en fronton place libre, trinquet et mur à gauche, en individuel (mano a mano, en tête à tête) ou en équipe de deux joueurs, un avant et un arrière.

Le but du jeu étant de renvoyer la pelote sur le fronton afin qu’elle rebondisse à nouveau. Si la balle ne peut être renvoyée sur le fronton ou si elle est propulsée hors de l’aire de jeu, le point est perdu et l’engagement est alors donné à l’adversaire.

Celui-ci doit être effectué en dépassant une ligne minimum (falta) afin que le but soit validé, mais il ne doit pas non plus dépasser plus d’une fois une autre ligne appelée pasa sous peine de donner le point à l’adversaire.

La pelote

Cette balle, appelée péloté, est constituée d’un noyau en buis de petit diamètre, de 20 à 36 mm, entouré d’un fil élastique pour constituer un noyau dont le poids est réglementé selon l’âge des joueurs et le jeu pratiqué. Ce noyau peut aussi être en latex pour des disciplines comme le xare ou la cesta punta.

Ce noyau sera recouvert d’un fil de laine vierge scrupuleusement enroulé et cousu en surface par un réseau de fil de coton pour maintenir la laine et éviter qu’elle ne regonfle. Le tout sera enfin recouvert de peaux de chèvre découpées et cousues ensemble à la main ou en une ou deux couches.

Le chistera

Le chistera (xister en basque, cesta en espagnol) est une sorte de corbeille en osier tressé qui permet d’attraper la pelote pour la renvoyer. Il est fixé à la main du joueur par un gant en cuir. Il en existe de tailles et de profondeurs différentes selon les spécialités choisies.

Les palas

Les palas sont des raquettes en bois de tailles et poids différents permettant de taper la pelote. Elles ont pour ancêtres les battoirs et triquets utilisés pour le jeu de paume.

Le xare

Il s’agit d’une raquette en osier courbé avec du fil tressé en forme de toile d’araignée. Appelé aussi raquette argentine, il n’est utilisé qu’en trinquet.

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